Les symptômes
La maladie de Parkinson évolue de manière très différente d’une personne à l’autre : chaque cas est unique. En général, son évolution est lente.
Même si la liste des symptômes peut sembler longue, chaque patient n’est touché que par quelques uns.
Il est important de repérer ses propres symptômes et de les noter. Cela permet d’en parler avec son neurologue, d’ajuster les traitements et de mieux vivre au quotidien. Savoir ce qui se passe aide à mieux comprendre la maladie et à rester acteur de sa santé.
Akinesie
L’akinésie est la difficulté à démarrer un mouvement volontaire.
Chez une personne atteinte de la maladie de Parkinson, cela se manifeste par :
- un retard ou un blocage avant de commencer un geste (par exemple : mettre un pas en avant, se lever d’une chaise) ;
- des mouvements qui deviennent lents, hésitants, comme si le corps « n’arrivait pas à répondre » ;
- parfois, une impression de gel momentané, où les pieds restent collés au sol.
En résumé : l’akinésie, c’est quand le cerveau veut faire bouger le corps, mais que le mouvement met du temps à démarrer ou n’arrive pas à se lancer.
Apathie
L’apathie est un manque d’envie d’agir, de motivation ou d’intérêt pour des activités, même celles que la personne aimait avant.
Ce n’est pas de la paresse, ni forcément de la dépression. La personne voudrait parfois faire les choses, mais n’arrive pas à se mettre en mouvement, comme si l’élan intérieur était absent.
Dans la maladie de Parkinson, l’apathie peut se manifester par :
- moins d’initiative pour commencer une action ;
- moins d’émotions exprimées ;
- une difficulté à prendre des décisions ou à planifier ;
- un retrait des activités sociales.
Elle est due à des changements dans le fonctionnement du cerveau, liés à la maladie, et non à un manque de volonté.
Dysarthries
La dysarthrie est un trouble de la parole qui apparaît lorsque les muscles utilisés pour parler (langue, lèvres, cordes vocales, respiration) ne fonctionnent plus aussi bien à cause de la maladie.
Dans la maladie de Parkinson, cela se traduit souvent par :
- une voix plus faible ou monotone,
- un rythme de parole plus lent ou haché,
- des difficultés à articuler clairement,
- parfois une impression de marmonnement.
En résumé :
La dysarthrie parkinsonienne est une difficulté à parler clairement parce que les mouvements nécessaires à la parole deviennent lents, rigides ou moins précis.
Dyskinésie
La dyskinesie est un mouvement involontaire et incontrôlable qui peut apparaître chez certaines personnes atteintes de la maladie de Parkinson, souvent après plusieurs années de traitement par la lévodopa.
Ces mouvements peuvent ressembler à :
- des gestes saccadés,
- des tremblements amples,
- des torsions,
- ou des balancements du corps, des bras, des jambes ou du visage.
Ils ne sont pas dangereux en eux-mêmes, mais peuvent être gênants, fatigants ou rendre certaines activités plus difficiles.
En résumé : la dyskinésie, c’est lorsque le corps bouge tout seul, de manière involontaire, à cause des effets à long terme du traitement dopaminergique chez une personne atteinte de Parkinson.
Dystonie
La dystonie dans la maladie de Parkinson est un trouble du mouvement où certains muscles se contractent de façon involontaire et prolongée.
Ces contractions provoquent des postures anormales, souvent douloureuses, qui peuvent toucher un pied, une jambe, une main, le cou ou d’autres parties du corps.
Comment cela se manifeste ?
- Le pied peut se tordre vers l’intérieur.
- Les orteils peuvent se crisper.
- Le cou peut tourner ou se raidir.
- Les crampes apparaissent souvent le matin, lorsque le médicament ne fait plus effet, ou juste avant la prochaine prise.
Pourquoi cela arrive ?
Dans la maladie de Parkinson, la dystonie est généralement liée :
- à un manque de dopamine (le produit chimique qui permet de contrôler les mouvements),
- ou parfois à un excès d’effet du traitement, selon les moments de la journée.
En résumé
La dystonie est une crispation involontaire et prolongée des muscles, fréquente dans la maladie de Parkinson, qui peut créer des postures anormales et douloureuses, souvent en lien avec les fluctuations du traitement.
Fluctuations motrices - Périodes ON/OFF
Dans la maladie de Parkinson, la fluctuation motrice correspond aux variations anormales de la mobilité au cours de la journée.
Autrement dit, la personne alterne entre :
- des moments où elle bouge bien, où les médicaments agissent correctement : on parle de période “ON” ;
- et des moments où les mouvements deviennent difficiles, lents, raides ou bloqués : ce sont les périodes “OFF”, souvent quand l’effet du traitement diminue.Avec le temps, ces changements peuvent survenir plus souvent et de manière moins prévisible.
C’est un peu comme si le “moteur” du corps n’arrivait plus à rester stable : parfois il tourne correctement, parfois il s’essouffle.
les médicaments (surtout la lévodopa) permettent de mieux contrôler les symptômes comme les tremblements, la rigidité ou la lenteur des mouvements.
Mais au fil du temps, leur effet peut devenir moins régulier. C’est là qu’apparaissent les périodes “on” et “off”.
- Période “ON” : Le médicament fait bien effet. La personne bouge plus facilement, les symptômes sont atténués. C’est un moment où elle se sent “en forme” pour faire ses activités.
- Période “OFF” : Le médicament ne fonctionne plus assez bien ou son effet s’estompe. Les symptômes reviennent (ou s’aggravent) : mouvements difficiles, tremblements, raideur… C’est un moment où la personne se sent “ralentie”.
Ces fluctuations peuvent apparaître plusieurs fois dans la journée, ce qui peut rendre l’organisation des activités plus compliquée.
Fausse route
La fausse route est le passage accidentel de nourriture, de liquide ou de salive dans la trachée (le “tube” qui mène aux poumons) au lieu d’aller dans l’œsophage (le “tube” qui mène à l’estomac).
Autrement dit, ce que la personne avale “prend le mauvais chemin”.
Dans la maladie de Parkinson, cela arrive plus facilement parce que les muscles de la bouche et de la gorge bougent moins bien et moins vite. Cela peut provoquer de la toux, une sensation d’étouffement, ou parfois passer inaperçu (fausse route “silencieuse”).
Ce n’est pas dangereux à chaque fois, mais cela peut augmenter le risque d’infections pulmonaires si cela se répète.
Hallucinations
Dans la maladie de Parkinson, les hallucinations sont des perceptions que la personne croit réelles alors qu’elles ne le sont pas.
Elles surviennent souvent parce que le cerveau, fragilisé par la maladie et parfois par certains médicaments, interprète mal ce qu’il voit, entend ou ressent. Elles sont en général de courte durée et n’annoncent pas de déterioration intéllectuelles.
La forme la plus fréquente est visuelle : Par exemple, voir des personnes, des animaux, des ombres ou des objets qui n’existent pas vraiment. Elles sont moins souvent auditives, gustatives, olfactives ou tactiles.
Elles peuvent être légères, comme une impression fugitive ou une ombre, ou plus précises, comme voir une personne assise ou un animal dans la pièce.
Ces hallucinations ne signifient pas que la personne “devient folle” : elles font partie des symptômes possibles de l’évolution de la maladie ou de ses traitements.
Hypertonie musculaire
Dans la maladie de Parkinson, l’hypertonie musculaire correspond à une raideur anormale des muscles.
C’est comme si les muscles restaient tendus en permanence, même quand la personne essaie de se détendre ou de bouger normalement.
Cette raideur peut :
- rendre les mouvements plus lents ou difficiles,
- donner une sensation de “corps bloqué”,
- ou provoquer des douleurs, surtout lors des mouvements.
L’hypertonie n’est pas due à un effort trop important, mais au fait que le cerveau contrôle moins bien le relâchement des muscles. C’est un symptôme fréquent de la maladie de Parkinson et il peut être amélioré par le traitement et des exercices adaptés.
Tremblements
Dans la maladie de Parkinson, les tremblements sont des mouvements involontaires et rythmiques d’une partie du corps, le plus souvent les mains, mais parfois aussi les bras, les jambes ou la mâchoire.
Un point important :
Le tremblement de Parkinson apparaît souvent au repos, par exemple quand la main est posée sur les genoux. Il a tendance à diminuer quand la personne fait un geste volontaire, comme attraper un objet.
Ces tremblements ne sont pas dangereux, mais ils peuvent être gênants au quotidien. Ils sont causés par un déséquilibre dans certaines régions du cerveau qui contrôlent les mouvements, lié à la maladie.
Troubles cognitifs
Dans la maladie de Parkinson, les troubles cognitifs correspondent à des petites difficultés du cerveau pour traiter certaines informations.
Cela peut toucher la mémoire, l’attention, l’organisation, ou la vitesse de réflexion.
Concrètement, cela peut se traduire par :
- avoir plus de mal à se concentrer,
- chercher ses mots,
- être moins rapide pour réfléchir ou décider,
- oublier des choses récentes,
- se sentir plus facilement débordé.
Ces troubles sont souvent lents et progressifs, et ne touchent pas toutes les personnes. Ils ne signifient pas que la personne “perd la tête” : ce sont des changements légers du fonctionnement du cerveau, liés à la maladie ou parfois aux traitements.